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© Oriana Fallaci, 18 avril 2002. La honte de l'Europe
Par Oriana Fallaci

Traduit de l'italien par Claire Benveniste pour Reponses-Israel.

Je trouve honteux qu'on manifeste en Italie pour des individus habillés en kamikazes qui lancent contre Israël des injures scandaleuses, en brandissant des photos de dirigeants israéliens avec une svastika sur le front, et qui incitent à la haine contre les Juifs. Et qui vendraient leur propre mère pour voir à nouveau les Juifs dans des camps de concentration, dans les chambres à gaz, dans les fours crématoires de Dachau, de Mathausen, de Buchenwald et de Bergen-Belsen.

Je trouve honteux que l'Eglise Catholique permette à un évêque, logé au Vatican, une espèce de faux petit saint qu'on a surpris à Jérusalem avec un arsenal d'armes et d'explosifs cachés dans des compartiments secrets de sa belle Mercédès, de participer à ces manifestations en remerciant par haut-parleur les kamikazes, au nom de D'ieu, d'avoir massacré des Juifs dans des pizzerias et des super-marchés. Et qui en parle comme de "martyrs qui vont à la mort comme on va à une fête".

Je trouve honteux qu'en France on brûle des synagogues, qu'on terrorise des Juifs, qu'on profane leurs cimetières, dans la France de la devise Liberté-Egalité-Fraternité. Je trouve honteux qu'en Hollande, en Allemagne et au Danemark, les jeunes portent le keffieh comme les avangardistes de Mussolini portaient les insignes du fascisme.

Je trouve honteux que dans presque toutes toutes les universités européennes les étudiants palestiniens fassent la loi et alimentent l'antisémistisme. Qu'en Suisse on ait demandé de retirer à Shimon Peres le prix Nobel qu'il a obtenu en 1994, pour le réserver exclusivement à cette colombe au rameau d'olivier que serait Arafat.

Je trouve honteux que les membres éminents du Comité du Prix Nobel, pour qui le mérite devrait l'emporter sur la couleur politique, aient pu prendre en considération cette demande au point d'envisager d'y répondre. Au diable le Prix Nobel et honneur à qui ne le reçoit pas!

Je trouve honteux que les télévisions d'État, en Italie, contribuent à l'antisémitisme, en pleurant sur les morts palestiniens et en passant sous silence les morts israéliens, dont ils ne parlent souvent que de façon expéditive. Je trouve honteux que les télévisions invitent dans leurs débats tant de voyous à turbans et keffieh, de ceux qui se sont réjouis des attentats du 11 septembre et qui aujourd'hui se réjouissent des massacres de Jérusalem, de Haïfa, de Netanya et de Tel Aviv.

Je trouve honteux que la presse écrite en fasse autant, et qu'elle s'indigne de voir les chars israéliens cerner l'Eglise de la Nativité, alors qu'elle ne s'indigne pas de savoir que deux cents terroristes palestiniens, dont des chefs du Hamas et d'El Aqsa, armés, avec munitions et explosifs, soient, dans cette église les hôtes non désirés des moines (et qu'ils acceptent, des mains des soldats des chars, des bouteilles d'eau minérale et du miel).

Je trouve honteux qu'un journal ait pu dire qu'il meurt plus d'Israéliens dans les accidents de la route (600 en un an) que depuis le début de la seconde Intifada (412).

Je trouve honteux que l'Osservatore Romano, le journal du Pape -- ce Pape qui, il n'y a pas longtemps, a mis dans le Mur des Lamentations une lettre demandant pardon aux Juifs -- accuse d'extermination ce peuple que les Chrétiens ont exterminé par millions. Et les Européens aussi.

Je trouve honteux que ce journal dénie aux survivants de ce peuple (dont beaucoup ont encore un numéro tatoué sur le bras) le droit de réagir, de se défendre, de ne pas se laisser exterminer à nouveau.

Je trouve honteux que les prêtres de nos paroisses et de nos centres sociaux flirtent avec les assassins de ceux qui ne peuvent plus aller manger une pizza à Jérusalem ni faire des courses sans risquer de sauter, et tout cela au nom de Jésus Christ (un Juif, sans qui aujourd'hui ils seraient tous au chômage).

Je trouve honteux qu'ils se rangent du côté de ceux qui ont lancé le terrorisme en semant la mort dans les avions, les aéroports, les Jeux Olympiques et qui aujourd'hui se font un plaisir de tuer les journalistes occidentaux. De les fusiller, de les défigurer, de les décapiter. (Depuis que j'ai publié La Rage et l'Orgueil, j'en connais un en Italie qui voudrait bien en faire autant pour moi. Qui, à coups de citations du Coran, exhorte ses "frères" dans les mosquées et dans les communautés islamiques à me punir au nom d'Allah. A me tuer. Et même à mourir avec moi. Comme c'est quelqu'un qui connaît bien l'anglais, je lui réponds en anglais: "Fuck you").

Je trouve honteux que presque toute la gauche oublie aujourd'hui la contribution que les Juifs ont apportée à la lutte antifasciste (il y a vingt ans, cette gauche a toléré qu'une manifestation syndicale dépose un cercueil, avertissement maffieux, devant la synagogue de Rome). Qu'elle oublie Carlo et Nello Rossi, par exemple, et Leone Ginzburg, Umberto Terracini, Leo Valiani, Emilio Sereni, et des femmes comme mon amie Anna Maria Enriquez Agnoletti fusillée à Florence le 12 juin 1944, et les 75 des 335 qui ont été tués aux Fosses Ardeatines et tous les autres morts sous la torture, au combat ou devant des pelotons d'exécution (amis et maîtres de mon enfance et de mon adolescence).

Je trouve honteux aussi que, par la faute de la gauche et surtout par la faute de la gauche, les Juifs aient de nouveau peur dans les villes d'Italie -- cette gauche qui ouvre ses congrès en applaudissant le représentant de l'OLP en Italie, le chef des Palestiniens qui cherchent la destruction d'Israël. Et dans les villes de France, de Hollande, d'Allemagne et du Danemark.

Je trouve honteux qu'ils tremblent quand ils voient défiler ces voyous habillés en kamikazes, comme ils tremblaient à Berlin pendant la Nuit de Cristal, qui servit à Hitler à ouvrir la chasse aux Juifs.

Je trouve honteux que le mot de "paix" soit confisqué par ceux qui suivent la mode du Politiquement Correct, cette mode stupide, vile, malhonnête, dont profitent les opportunistes et les parasites. Qu'avec ce mot de "paix", désormais plus dévalué que les mots d'amour et d'humanité, ils puissent pardonner la haine et la bestialité, mais d'un seul côté. Qu'au nom du pacifisme -- ou plutôt du conformisme -- ceux qui il n'y a pas longtemps léchaient les pieds de Pol Pot entraînent aujourd'hui des gens peu informés ou intimidés. En les corrompant, en les faisant régresser un demi-siècle en arrière, à l'époque de l'étoile jaune. Ces charlatans qui se soucient des Palestiniens autant que moi je me soucie d'eux, c'est-à-dire pas du tout.

Je trouve honteux que tant d'Italiens et tant d'Européens aient pris pour porte-étendard "monsieur" Arafat. Cette nullité qui joue les Mussolini grâce aux sous que lui verse la famille royale Séoudite; ce mégalomane qui croit pouvoir passer à la postérité comme le George Washington de la Palestine. Cet illettré qui, lorsque je l'ai inteviewé, n'était pas capable de faire une phrase complète ou de produire un discours articulé. (De sorte que pour publier l'interview j'ai dû prendre sur moi de tout composer et tout écrire; j'en étais arrivée à la conclusion que, par rapport à lui, Khadafi faisait figure énie).
Cet espèce de faux guerrier qui se promène toujours en uniforme, comme Pinochet, sans jamais se mettre en civil, mais qui n'a jamais participé à aucune bataille. La guerre, il la fait faire par les autres, il l'a toujours fait faire par les autres. C'est-à-dire par tous ces pauvres gens qui croient en lui. Cet espèce d'incapable pompeux qui en récitant son rôle de chef d'État a fait capoter les accords de Camp David et la médiation de Clinton:
"Non-non-non-je-veux-Jérusalem-en-entier-pour-moi".
Ce perpétuel menteur qui n'a des accents de vérité que pour nier le droit à l'existence d'Israël (il ne le dit qu'en privé) et qui se contredit toutes les cinq secondes, comme je le raconte dans mon livre. Qui joue toujours le double jeu et serait capable de mentir même pour vous dire quelle heure il est.
Impossible de lui faire confiance. Jamais ! Il finit toujours par vous trahir. Cet éternel terroriste qui ne sait faire que le terroriste, tranquille et à l'abri et qui entraînait les terroristes de la bande à Baader-Meinhof, dans les années soixante, quand je l'avais interviewé. Et avec eux des gamins de dix ans. Pauvres gamins. Aujourd'hui, il les entraîne à faire les kamikazes. Une centaine de bébé-kamikazes sont en cours de fabrication. Une centaine !
Cette girouette qui garde sa femme à Paris, servie et adulée comme une reine, et qui garde son peuple dans la merde. Il le sort de la merde pour l'envoyer à la mort, tuer et se faire tuer, comme ces jeunes de dix-huit ans qui pour égaler les hommes doivent se garnir d'explosifs et se désintégrer avec leurs victimes. Et pourtant beaucoup d'Italiens l'aiment, vraiment. Comme ils aimaient Mussolini Et beaucoup d'autres Européens aussi.

Je trouve cela honteux et j'y vois la naissance d'un nouveau fascisme, d'un nouveau nazisme. Un fascisme et un nazisme d'autant plus pernicieux et répugnants qu'ils sont répandus par des gens qui font les belles âmes, les progressistes, les communistes, les pacifistes, les catholiques et les chrétiens en général, qui ont le toupet de traiter de bellicistes ceux qui comme moi crient la vérité.

Je le sais, et voici ce que j'ai à dire:
Moi, je n'ai jamais été tendre envers ce Sharon tragique et shakespearien (qui m'avait dit avec une certaine tristesse, en 1982, lors d'une interview: "je sais bien que vous êtes venue me voir pour ajouter un scalp à votre collection").
Je me suis souvent disputée avec les Israéliens et j'ai défendu les Palestiniens dans le passé. Peut-être même plus qu'ils ne le méritaient. Mais je suis du côté d'Israël, je suis du côté des Juifs. Je suis de leur côté comme je l'étais quand j'étais jeune au temps où je combattais avec eux et où les Anne-Larie mouraient fusillées. Je défends leur droit à exister, à se défendre, à ne pas se laisser exterminer une seconde fois.

L'antisémitisme de tous ces Italiens et tous ces Européens me dégoûte, et j'ai honte de cette honte qui déshonore mon pays et l'Europe. Tas de Ponce Pilate, plutôt qu'une communauté d'États. Et même si tous les habitants de cette planète pensent autrement, c'est ce que moi je continuerai à penser.

Parnassa
Citation

Préoccupez-vous davantage de votre caractère que de votre réputation, car votre caractère représente ce que vous êtes vraiment, tandis que votre réputation n'est que ce que les autres pensent de vous.

JOHN WOODEN

(archives)
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Aucun homme seul ne s'est levé contre nous pour nous détruire, pourtant à chaque génération se lévent contre nous ceux qui tentent de nous détruire

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